À bientôt

Devenez Publicitaire

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Activité en ligne

Nous avons 37 invités et aucun membre en ligne

MySpaceMySpace

Québec : La Charte des valeurs ne fait pas l'unanimité

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

La Charte va trop loin, trop vite, selon l'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau:

« Il est manifeste qu'on craint, non seulement chez beaucoup d'immigrants (musulmans ou non), mais aussi chez des Québécois de fraîche date, bien intégrés et tout à fait francophones, de voir apparaître ici les tensions et les crises de leurs pays d'origine. Et ce qui circule sur les médias sociaux n'a rien pour les rassurer.

.. . Je pense qu' il serait préférable de se limiter, dans la charte, à l'affirmation des principes de la séparation de l' Église et de l'État, et de la neutralité de l'État à l'égard des religions. Il faut aussi maintenir et peut-être encore préciser les règles applicables par toutes les administrations publiques à l'égard des accommodements pour raisons religieuses, en particulier celle en vertu de laquelle rien ne doit porter atteinte au principe de l'égalité des hommes et des femmes. Il faut aussi maintenir l'obligation de ne donner ou recevoir des services publics qu'à visage découvert (personnellement, j'irais plus loin que cela). Quant à l' interdiction du port des signes religieux, je pense qu'on devrait se limiter aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, c'est-à-dire de l'appliquer aux policiers, aux procureurs, aux juges et généralement à ceux qui ont le pouvoir de contraindre. Je n'irais pas plus loin pour le moment ».Journal de Montréal, 02 octobre 2013).

 

Madame Marois doit tenir bon, selon certains, dont un certain Daniel Gomez qui, dans sa lettre du 05 octobre au Devoir, écrit :

« Tenez bon, Madame Marois : .. . Vos trois prédécesseurs à la tête du Parti québécois et de l'État québécois [entendez Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry] ont décidé, dans une unanimité touchante, d'unir leurs voix pour vous demander de mettre de l'eau dans votre vin, c'est-à-dire de laisser tomber les parties les plus contraignantes de votre projet de Charte et qui lui donnent du mordant. Il est tout de même étrange que trois hommes, qui en apparence ne semblent pas avoir d'atomes crochus, en arrivent à la même conclusion ! J'ose avancer l'idée qu'il y a dans leurs prises de position une réaction qui tient de l'orgueil du macho blessé. ( ... ) Ils comprennent que si vous faites passer cette loi sur les valeurs ou la laïcité, vous réussirez là où ils ont échoué : faire en sorte que les Québécois surmontent leur complexe de minoritaires complexés et osent imposer leurs règles du jeu aux nouveaux arrivants ».

 

Les « Janette », groupe de femmes regroupées derrière l 'auteure Janette Bertrand pour soutenir la proposition de Charte. Elles s'inscrivent dans la logique de la star de télé, Janette Bertrand, qui affirme :

En ce moment le principe de l'égalité entre les sexes me semble compromis au nom de la liberté de religion. J'aimerais vous rappeler que les hommes ont de tout temps et encore de nos jours utilisé la religion dans le but de dominer les femmes, de les mettre à leur place, c'est-à-dire en dessous d'eux.

Devant la perspective d'un retour en arrière je sens le besoin de prendre la parole. Je suis donc d'accord qu'il y ait une charte des valeurs québécoises - souvent appelée à juste titre la charte de la laïcité - et que le gouvernement légifère. À ce propos, nous n'aurions jamais eu le droit de vote, nous serions encore sous la domination des hommes et du clergé si le gouvernement du temps n'avait pas légiféré.

« En ce temps-là, je me souviens, beaucoup d'hommes et même des femmes ne voulaient pas de cette loi et pourtant sans ce droit de vote, où serions-nous aujourd'hui? »

(http://quebec.huffingtonpost.ca/janette-bertrand).

Pour Jean Rousseau, éditorialiste à Vents croisés, une Charte des valeurs ne peut être un substitut pour une absence de valeurs vécues.

••• À mon avis, une Charte de la laïcité doit définir des orientations pour une recherche commune de laïcité véritable dont les règles pratiques sont à découvrir ensemble dans le respect de la liberté de chacun et chacune d'entre nous. Cela demande pour beaucoup une évolution importante des mentalités et nous savons qu'une évolution ne se fait pas en un jour. En France, après cent ans, ils ont encore du chemin à faire. En outre le rythme de changement acceptable n'est pas le même pour tous. Au fond, il s'agit d'expérimenter des valeurs avant de les proclamer.

L'autre option serait de renoncer à la laïcité avec le risque de constituer un ghetto. Ce serait dommage pour nous tous et pour le Québec.

Dans ce texte, publié dans son intégralité à ventscroises.org, on peut lire également :

« À l'automne 2001, l'Occident s'est cru chargé de libérer les femmes afghanes de leur servitude culturelle et religieuse sans leur demander leur avis. On sait où on en est douze ans plus tard ! »

... Les juges américains des années soixante ne portaient pas de signes extérieurs de leurs préjugés racistes, mais il était préférable d'être un Blanc quand on comparaissait devant eux. (À la réflexion, je me demande si j'ai eu raison d'écrire cette phrase au passé!) ( ... ) ... on ne combat pas les "valeurs" des autres avec nos manques de valeurs, fussent-elles garanties par une charte! Si je ne sais pas trop où je me situe, « l'autre" peut être déstabilisant